Il y a tout juste 3 ans, Alexis Ramonet disait au revoir à son club de cœur, les Hornets. Une histoire d’amour et d’amitié qui avait duré 6 saisons (2016 à 2022) entre le jeune dijonnais et Le Cannet.
Mais chacun le sait, dans la vie, les départs sont inévitables, voire indispensables « pour grandir » » diront les uns, « se forger de nouvelles expériences et découvrir d’autres horizons » diront les autres.
Pour Alexis, c’est un peu tout cela à la fois qui l’ont décidé à aller se tester dans l’un des meilleurs championnats européens, l’Espagne. Il nous raconte son expérience ibérique, ses jeux paralympiques 2024 à Paris et surtout pourquoi il a décidé de revenir au Cannet.
Alexis, en 2022, nous t’avions quitté à la fois triste de laisser ton club et tes potes mais aussi curieux et impatient de t’élancer dans l’un des championnats les plus relevé d’Europe. Que s’est-il passé durant ces 3 saisons à Gran Canaria ?
« Je savais que ce serait très différent de ce que j’avais vécu jusqu’à présent et je n’ai pas été déçu. A Gran Canaria, j’ai découvert un autre mode de vie mais aussi une façon de travailler totalement différente. Les joueurs étrangers sont très nombreux dans le championnat espagnol. Là-bas on sélectionne d’abord des individualités après on les assemble afin de créer un collectif. Cela demande beaucoup de travail individuel. Tu as une totale liberté pour t’entraîner et te préparer. Chacun se prend en charge et cela a beaucoup changé ma façon de percevoir ce qui se passe sur et en dehors du terrain. Au final, j’en ressors plus serein ».
Plus fort mentalement
Tu partais aussi pour enrichir ton palmarès, cela a-t-il été le cas ?
« Je ne reviens pas avec de nouveaux titres, mais je me suis enrichi autrement. La première année, Gran Canaria était en plein restructuration. De plus, il m’a fallu un temps d’adaptation. Heureusement j’ai retrouvé Luigi (Makambo), ce qui m’a bien aidé. Au cours de ces trois saisons en Espagne, le club a terminé à chaque fois aux portes des play-offs. Par contre, on a réussi de beaux parcours en ligue des champions en se qualifiant pour la phase finale ».
Avec ta notoriété, on imagine que ce ne sont pas les sollicitations qui t’ont manqué ?
« Après cette belle expérience en Espagne, j’ai éprouvé l‘envie de revenir en France même si j’ai eu des propositions de clubs étrangers et français. J’avais besoin de me ressourcer. Quand on se retrouve seul dans un pays étranger, rien n’est simple et après 3 ans d’absence, j’ai éprouvé le besoin de me rapprocher de ma famille ».
Le Cannet comme port d’attache
Et ta famille sportive, ça reste Le Cannet ?
« Je ne me voyais pas jouer ailleurs qu’au Cannet. Je me sens chez moi ici. J’ai retrouvé intact tout ce que j’avais laissé il y a trois ans. Je connais ce club par cœur et dès les premiers entraînements, j’ai repris mes marques, comme au bon vieux temps ».
Tout gagner avec les Hornets
Tu es la (seule) recrue de cette nouvelle saison, avec quels objectifs reviens-tu à la maison ?
« Comme je l’ai dit à Alex (le Président), je reviens pour tout gagner. Je veux revivre cette émotion extraordinaire de 2018 après notre victoire en championnat, mais aussi soulever la Coupe de France et briller en Coupe d’Europe. On doit montrer qu’en France on sait jouer au basket et surtout qu’on est capable de gagner ».
En parallèle, tu as aussi de fortes ambitions avec l’équipe de France. Quels souvenirs gardes-tu des derniers jeux paralympiques Paris 2024 et quel avenir vois-tu pour les Bleus en dépit des nombreux changements qui ont eu lieu récemment dans le staff technique ?
« Pendant les jeux, émotionnellement ça a été très intense. On a joué dans une salle pleine et le public nous a apportés un soutien de fou. Cela est très stressant mais tellement enrichissant. C’est une expérience énorme car tu dois apprendre à gérer la pression et en même temps tu reçois tellement de messages d’amour et d’encouragements que ça te motive encore plus pour repartir vers un nouveau cycle et faire ce qu’il faut pour décrocher notre qualif pour Los Angeles. Après c’est vrai qu’on a subi plusieurs changements de coachs ces dernières années (Clifford Fischer a succédé à Franck Bornerand après les Jeux), mais on a la chance d’avoir un groupe qui bouge peu. Aujourd’hui on se prépare pour les championnats d’Europe à Sarajevo (du 7 au 19 octobre) où on espère bien performer ».